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Actualités

Attendus samedi matin

Très largement handicapé par les ruptures successives du point d’amure du spi, Comiris-Elior a bien du mal à conforter sa place au sein du second peloton. Hier soir encore, le point d’ancrage du spi, à l’avant du bout-dehors, a lâché. L’équipage a réussi à sauver le spi mais un vent fort, une mer formée, et une nuit noire rendait la séance de bricolage trop périlleuse à l’avant du bateau.

Dimanche, alors que Comiris Elior est à la lutte dans le peloton de tête, le point d’amure du spi casse. L’équipage parvient à bricoler une solution de rechange, qui semble même plus efficace que l’original. Et c’est reparti après quelques heures au ralenti (et une sanction au classement général…)

Mardi, alors que Comiris-Elior navigue dans un vent assez fort et porte son petit spi de brise, le point d’amure casse à nouveau. Cette fois, l’avarie entraine la perte totale du spi de brise, pourtant bien efficace dans le gros temps qui attend encore les navigateurs quelques jours. C’est la nuit, le vent souffle à 30 nœuds avec des rafales à 35 nœuds, la mer est bien formée. Pas question d’aller jouer les équilibristes à l’avant avec la boite à outils…

Hier matin, de bonnes nouvelles de Thierry Bouchard parviennent du bord :

« Nous avons pu effectuer la réparation. Je suis allé à l'extrémité du bout-dehors, cette fois-ci attaché par la drisse de spi et avec un bout pour me ramener sur le bateau. J'ai fait un brelage pour mettre une poulie en extérieur et depuis nous sommes sous spi medium. Nous ne prenons pas trop de risque afin que cela tienne jusqu'à l'arrivée ».

Hier soir, nouvel arrêt au stand, le point d’amure, toujours et encore. Cette fois le spi medium est sauvé mais les conditions, de nuit ne permettent toujours pas de bricoler. Il faut attendre le lever du jour ce matin et accepter de naviguer sans spi toute la nuit.

Néanmoins, conscient de la vitesse exceptionnelle du bateau, l’équipage hyper motivé continue de se battre avec les moyens du bord. Une nouvelle réparation doit être effectuée ce matin et permettre de naviguer à nouveau sous spi.

Thierry Bouchard, Gilles Bérenger, Jean Gonon, Alan Pennaneac’h sont attendus samedi matin à Saint-Malo. A 8 h ce jeudi matin, il leur restait 500 milles à parcourir. Le vent devrait se maintenir jusqu’à l’arrivée.

(photo Xavier Dachez).

 

Un peu chaud sous spi lourd...

Le spi de brise, celui qui sert dans le gros temps, a subi un petit accident. L'équipage, pas démotivé malgré la perte de cet allié précieux, a décidé de sortir les gros atouts. Pas question d'abdiquer. La garde robe de Comiris-Elior devrait permettre d'habiller correctement le bateau. Rappelons que l'équipage subit actuellement des vents de nord ouest de 25 à 30 noeuds, dans une mer très formée par une houle de plus de 3 mètres.

"Ce matin,dans une molle, Thierry est allé brêler une poulie au bout du bout-dehors. On a été sage, on a affalé la grand-voile pour aller moins vite et attaché Thierry avec une drisse. On a renvoyé le spi lourd depuis 2 ou 3 heures maintenant et on reprend des vitesses dignes du bateau. (Satanas et Diabolo, le retour... encore !). C'est un peu plus chaud sous spi lourd que sous spi de brise, mais on  fait avec ce qu'on a. Sinon l'horoscope c'est encore une douzaine d'heures sur ce bord en direction de l'Irlande dans un vent d'ouest forcissant et adonnant avant d'empanner pour mettre le nez vers la Bretagne cette nuit", écrit Gilles Bérenger aujourd'hui vers 16 h 30.

 

A la mine...

Pas vraiment des vacances pour les quatre garçons dans le vent... L'estival mois de juillet ne leur offre pas la balade de santé dont ils avaient rêvé et à bord de Comiris-Elior, ils sont un peu à la mine ! Petits bricolages, vent fort, mer formée, pluie, brume ; je reprends 50 milles, j'en reperds 12, j'en reprends 20, j'en perds 30... Comme si cette transat se courait au bout d'un élastique bien capricieux. Hier, c'est à nouveau le point d'amure du spi qui s'est rappelé à leur bon souvenir. Et hop ! un spi à l'eau... Quelques heures de baignade forcée, de rangement, de bricolage. Et voilà Thierry, Gilles, Jean et Alan prêts à réattaquer avant d'entrer en Manche.

Passé sous la barre des 1000 milles restant à parcourir, Comiris-Elior affiche encore des moyennes supérieures à 300 milles par jour et des excès de vitesse supérieurs à 20 nœuds. Attention, dans le port de Saint-Malo, la vitesse est limitée à 5 nœuds... Les Méditerranéens, dans un vent actuellement très fort, 30 noeuds avec rafales à 35) et dans une mer formée, continuent de progresser avec un vent de nord-ouest. L'entrée en Manche devrait calmer le jeu et, à l'image du multicoque FenêtréA-Cardinal, qui est arrivé vers 7 h ce matin alors qu'il était attendu vers 22 h hier, l'approche de la cité corsaire pourrait même être très calme.

Comiris Elior est attendu, au mieux dans la nuit de vendredi à samedi mais plus probablement dans la journée de samedi.

 

 

 

A fond jusqu'à l'arrivée !

Ça glisse tout droit, et très vite, probablement jusqu’à Saint-Malo. Comiris-Elior vient de signer une journée à plus de 300 milles parcourus, et depuis 24 h, l’équipage de Thierry Bouchard a été le plus rapide de la flotte reprenant 50 milles sur le leader. Comiris-Elior emmène désormais le deuxième peloton. Les méditerranéens s’offrent au passage une cure intensive de thalassothérapie atlantique…

« Le nord ouest est arrivé et bien arrivé. Pas facile d’écrire tant ça remue. Nous sommes assez contents de notre journée, nous avons pu débouler avec notre petit spi asymétrique de brise. Bon angle, bonne force de vent, glissades sans fin et douche karcher façon hôpital psy pour le barreur !!!! » Voilà pour la carte postale…

« On a pris le TGV, donc maintenant c’est à donf jusqu’à l’arrivée. On pourrait arriver à Saint-Malo dans la nuit de vendredi à samedi. Nous avons des vitesses impressionnantes dépassant souvent 20 nœuds. On a doublé quelques bateaux dont un que nous avons vu de près. Là, le vent est rentré plus fort, environ 30 nœuds, nous avons un peu calmé le jeu et rangé notre petit spi mais ça déboule toujours. Le patron est à la barre, attaché, nous on essore un peu nos habits et cirés et on mange chaud. Aujourd’hui c’est riz sauce bolo ».

L’ambiance est à l’humidité mais les vitesses affichées sont motivantes. « Aujourd’hui, à part la barre, la prise de ris, lâcher de ris, il y a eu beaucoup de dodo, beaucoup d’éponge de fonds… un peu de manger, un peu de nav et… ah si ! … un peu de soleil aussi ». Voilà de quoi redonner la rage aux Méditerranéens.

Et enfin, le carnet de vacances de Gilles : « aujourd’hui, les vacances ça fait plutôt ambiance « Partie de Uno dans le Camping-car ! Parce que là, c’est pas un temps à aller chasser la grive dans les collines… »

(photo Xavier Dachez)

 

Il fallait jouer...

On n’est pas sur un 100 m aux Jeux Olympiques quand l’avenir se joue en une poignée de secondes. Courir une transat, c’est savoir investir, manger son pain noir et croiser les doigts. C’est le quotidien de Comiris-Elior depuis 48 h, lorsque l’équipage de Thierry Bouchard a décidé de mettre un peu de Nord dans son Est. Paiera ? Paiera pas ? A suivre…

« Moment de plein doute à bord du  bateau. Nous sommes partis au nord-est avec le risque de s'approcher trop près du centre de la dépression mais en contrepartie pouvoir toucher le vent d’ouest parmi les premiers, ce qui nous permettrait de sauver les meubles », explique Thierry.

Et Gilles Bérenger de renchérir : « Petit moral ce matin, notre positionnement nous a été fatal. On est finalement passés trop près du cœur de la dépression. 50 milles trop nord, ça va chiffrer dans les 150 milles de retard ce matin ».

Effectivement, le classement de ce matin est sans appel. Mais à rester dans le sillage des leaders, Comiris-Elior aurait clairement affiché un manque d’ambition. Il fallait jouer, prendre des risques. Pour autant, le potentiel du bateau, la rage qui anime l’équipage et de nouvelles stratégies à mettre en œuvre, pourraient distribuer de nouvelles cartes avant Saint-Malo. Ce matin, le bateau méditerranéen est l’un des plus rapides du peloton et il est même flashé à plus de 19 nœuds de moyenne sur 30 minutes. Voilà de quoi redonner à Thierry Bouchard, Gilles Bérenger, Jean Gonon et Alan Pennaneac’h de bonnes raisons d’y croire.

Au chapitre du bricolage, l’équipage a colmaté une petite fuite de gasoil qui parfumait délicatement l’intérieur du bateau…Quant au point d’amure du spi, « il a l’air beaucoup plus solide que l’original ! Il y a du progrès ! »

Enfin, Gilles Bérenger nous fait part de son carnet de vacances : « ça se passe toujours bien, on mange bien, on est bien logé, les gens sont super sympas ici, on prend le grand air. Le souci c’est quand même le temps… On a un mois de juillet pourri par ici : pluie, crachin, bruine, brumasse »

L’équipage a même croisé une baleine qui hélas n’a pas souhaité être photographiée et a bien vite replongé dans les profondeurs de l’Atlantique nord.

Comiris-Elior est attendu à Saint-Malo le week-end prochain.

 


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