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Comiris Pôle Santé ELIOR contraint à l'abandon

La PRESSE DE LA MANCHE - Samedi 5 novembre 2011

Le Class40 Comiris Pôle Santé Elior a du abandonner la Transat Jacques Vabre jeudi soir, au large des iles Scilly, et se dérouter vers Cherbourg, pour réparer la coque et soigner un skipper. Arrivés ce matin dans le port Chantereyne, les deux skippers doivent maintenant faire un bilan, et des choix : c'est définitif, ils ne repartiront pas.

Malgré un départ prometteur, un choix prudent dans la tactique de course, le Class40 Comiris pôle santé Elior a du abandonner la course, du moins pour le moment.
Jeudi vers 18h, au sud Est des îles Scilly, le skipper Thierry Bouchard découvre qu'une cloison est en train de se désolidariser de la structure de la coque: «  En épongeant les fonds, je me suis rendu compte qu'une cloison à l'avant de la coque était en train de s'arracher. Par ailleurs, la coque montrait des faiblesses, la peau intérieure était en train de se fissurer et à chaque vague, la coque se déformait de manière importante. » Il nous explique que dans ce genre de condition météo, 20 à 25 nœuds de vent, «  on a tendance à charger le bateau, mettre un maximum de voile pour le faire avancer, et il tape beaucoup dans les vagues. »
Le navigateur et son coéquipier, Gilles Bérenger, constatant l'étendue des réparations à effectuer, contactent l'architecte du bateau : « Nous avons fait très vite part de tout ça à l'architecte du bateau qui nous a indiqué craindre pour l'intégrité de la coque. »La décision d'abandonner n'est pas facile à prendre pour les coskippers du bateau, qui étaient listés  seconds mercredi, lors du premier pointage effectué après le départ. Mais le choix de l'abandon s'impose : « Vu les conditions météo actuelles et à venir, il nous semble plus raisonnable, même si c'est à grand regret, de faire demi-tour pour tracer doucement vers Cherbourg. Il n’est pas du tout évident que nous soyons en mesure de réaliser une réparation efficace avec les moyens que nous avons sur la zone. »Les deux marins contactent la direction de course, et informent le directeur, Jean Maurel, de leur choix d'arrêter la course et d'aller réparer sur Cherbourg-Octeville.

Une décision d'abandon difficile, mais définitive

La décision est sage, mais frustrante, pour les deux concurrents originaires de Sanary sur Mer, en méditerranée, qui avaient terminé 3e cette année du Mondial de Class40 en équipage. Cela d'autant plus que malgré la nuit un peu mouvementée, le Class 40 Comiris avait réussi à garder une moyenne de 13 à 15 nœuds, et était placé parmi les favoris en sortie de Manche. « Nous aurions pu peut-être continuer, mais avec de très gros risques de fissure de la coque qui aurait entrainer une voie d'eau ! ». Prendre le risque d'une voie d'eau, c'était prendre le risque de perdre du matériel, mais surtout c'était prendre de gros risques pour la sécurité même des skippers.

Pendant le convoyage, le moral n'était pas au beau fixe« Avec 4 à 5 jours de retard, ce n'est pas très fun. De plus je (NDLR : Thierry Bouchard) me suis cassé un doigt qui est passé dans le bloqueur pour relever le safran .... C'est du détail, mais ce n’est pas la joie pour le moment… »
Maintenant que le bateau est à quai, le doigt soigné, les deux skippers font le bilan. Thierry Bouchard a effectivement une phalange de l'index cassée, soit 3 semaines de convalescence. Plus question de prendre le départ. Les skippers rentrent chez eux, dans le sud. Quand au bateau, ils envisagent de faire les travaux à Cherbourg, ce qui reste à confirmer avec l'architecte. Deux options s'offrent ensuite à eux : le ramener en méditerranée, ce qui implique 3 semaines de navigation, ou le  laisser à Cherbourg jusqu'à la Québec Saint Malo, qui aura lieu en juillet l'an prochain, donc de faire hiverner le class40 à Cherbourg.

Marie Schiewe

 

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